Le Masque (1

Le Masque - T1 L'Eclat du Masque

Ma ville se nomme Sullin, cette ville est corrompue jusqu'à la moëlle. A sa tête trois hommes : puissants, séducteurs, charmeurs, beau-parleurs et manipulateur. Des hommes qui ont acquis leur argent en volant, en tuant. Les riches écrasent les pauvres comme les forts, les faibles. Mais il existe une solution, radicale certes mais une solution pour nous libérer du joug de ces hommes. La mort. Et je connais quelqu'un qui peut aider. Elle s'appelle Ellen Stroks mais on la surnomme 'Le Masque'...


Genre : Aventure et polar

Lecteurs : Jeune adulte et adulte

Auteur : Maud Valdez (c'est moi, en fait)

Editeur : pas d'éditeur, à voir pour plus tard...

Extraits : L'épilogue...

@La peurEPILOGUE : Quand le silence est d'or

Ma ville s'éveillait toujours à 22 heures, personne ne savait vraiment pourquoi. Mais dés que les enseignes des boîtes de nuit, des bordels ou des boîtes de strip-tease s'allumaient, la ville semblait vivre à nouveau. Un second souffle. Pourtant les affaires criminelles, elles ne s'arrêtaient jamais : du matin au soir et du soir au matin.

Ma ville se nommait Sullin et c'était la ville la plus corrompue des Nouveaux États-Unis d'Amérique (NEAU). Nouveaux pays d'après guerre, seuls les plus forts avaient survécu à la misère et à la mort : une partie de l'Amérique surtout les régions du Nord avec quelques pays du Sud comme le Brésil et le Mexique, une partie de l'Europe aussi surtout les régions nordiques et celles bordant la méditerranée, l'Afrique, elle était presque complètement détruite comme l'Asie et les îles tropicales qui avaient été submergées lors de la montée des eaux. Seule, la guerre n'aurait pu faire autant de dégâts et détruire autant de choses, par contre les forces de la nature et la guerre avaient à elles deux détruits ce que beaucoup connaissaient.

La guerre en plus d'avoir accouché de la misère et de la mort avait laissé derrière elle un fossé énorme entre riches et pauvres, dangereux et faibles, enfants et adultes, vivants et morts. Elle avait fait gagner plus au riches et perdre encore plus aux pauvres, elle avait conduit les hommes à tuer leur propre frère. Mais elle avait aussi amené le monde à se relever même si les dirigeants et hauts personnages politiques étaient les plus corrompus. La guerre avait amené le mauvais mais aussi quelques parts de bien.

Maintenant cela allait faire trente ans que la guerre était terminée, que la nature s'était endormie mais nous avions affaire à quelque chose de pire. Le mal. Les drogues. Les armes. Le risque d'une nouvelle guerre. L'insécurité pour tous. La mort. Mais le pire c'était la mort...de l’Espoir.

L'Histoire ne faisait que se répéter, disait-on. J'étais d'accord mais rien ne disait que l'on ne pouvait pas changer son cours. Moi, j'étais résolue à essayer quoiqu'il m'en coûterait même s'il faudrait mourir... Même s'il fallait pour ça me débarrasser de toutes les ordures présentes dans ma ville.

Je m'appelle Ellen Stroks et je suis 'Le Masque'... 

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Je m'avançai près de ma victime et l'air ambiant semblait me peser de plus en plus sur les épaules. Le masque de dentelle noire posé sur mes yeux me frottait les paupières à chaque battements de cils. Mais c'était ma seule et unique protection ici. Mon coeur aussi silencieux qu'un tracteur sur la route, battait à un tempo de plus en plus irrégulier. J'appelais ça la décharge électrique mais mon mentor me contredisait tout le temps en disant que ce n'était que de l'adrénaline. De toute façon adrénaline ou pas, la sensation de pouvoir courir de milliers de kilomètres ou de sauter des hauteurs inimaginables pour l'homme, me semblaient tout à coup réalisables. Et tout ça grâce à la peur, à la tension, au danger...

Je m'avançais près de ma victime et dans une ultime respiration, je sortis le couteau plaqué au creux de mes reins. Dans un saut d'une extrême finesse, je me retrouvai à califourchon sur le jeune homme, un couteau appuyé sur sa jugulaire. Mouvement qui parvint à le sortir du sommeil.

- Pas de mouvements, ni de cris, chuchotai-je à son oreille.

Il me regarda surpris mais avec une pointe d'arrogance dans ses yeux sombres. Plongés comme nous l'étions dans l'obscurité de sa chambre, le noir ne me permettait pas de les examiner mais je savais qu'ils étaient bleu ciel presque comme l'horizon, cette fine bande qui sépare le ciel de la mer. Ces cheveux avait eux aussi une couleur noir corbeau et ses lèvres charnues, son nez romain légèrement déformé par les trop longues bagarres de bar et de la rue, sa mâchoire dure et ses hautes pommettes ne faisaient que rajouter à son charme naturel. Il semblait être fait des matières premières pour créer le parfait bad boy. Je ne connaissais pas vraiment l'homme qu'il était devenu mais celui qui marchait avec moi pour revenir de l'école, celui qui m'avait protégée contre les brutes épaisses, celui qui connaissait mes problèmes avec les conseillères sociales et celui qui m'avait aimé et qui était parti, celui-là je le connaissais. Même si l'homme qu'il était devenu n'avait plus grand chose de similaire avec celui de mon souvenir. Qu'as-tu fait Dolan ?, pensai-je. Je me penchai encore plus vers lui, collant mon corps sur le sien, et j'attendis. Quoi ? Je ne savais pas exactement mais quelque chose allait se produire.

Je n'aurai donc pas dû être surprise quand sans me laisser le temps de réagir, il glissa une main dans mon dos pendant que l'autre caressa une mèche de mes cheveux qui avait échappé de ma queue haute. Je frissonnai sans vraiment savoir pourquoi et je le sentis se détendre presque imperceptiblement. Il tenta de lever son dos à l'aide des ses abdos que je sentais pointer sous son débardeur de coton. Je l'en empêchais en me collant à lui encore plus près. Il sourit d'un sourire qui me rappela maintes choses. Je le fixai tentant malgré tout de conserver un visage indifférent et dénué de toutes émotions. Ce qui n'était pas particulièrement facile avec mon corps qui réagissait en fonction du sien.

- Arrêtez tout de suite, sifflai-je entre mes dents.

Il continua à m'observer avec un sourire au coin, celui qu'il avait quand il avait 16 ans et moi à peine 11 ans. Il me rappelai tellement de souvenirs mais maintenant je ne pouvais plus m'abandonner comme avant. Je n'étais ni faible ni fragile et ça je me devais de lui prouver. Il me fixa encore quelques secondes puis s'avança, ne tenant pas compte de la lame de mon couteau qui s'inscrivait irrémédiablement dans sa chaire. Il continua à avancer et n'y tenant plus j'enlevai le poignard pour ne pas le blesser.

- Que j'arrête quoi ?, demanda-t-il l'air sûr de lui.

- De me défier, sifflai-je.

- Oh, mais je sens que j'adore ça.

Je le frappai à la poitrine manquant de peu le plexus. Il me regarda un peu essoufflé suite à la violence du coup. Soudain, il éclata de rire. Je me raidis brusquement. Il me dit ensuite d'un ton respectueux :

- Qui es-tu, belle demoiselle ? Il me semble te connaître ?

- Belle ? Avez-vous reçu un coup sur la tête ?, dis-je sans répondre sciemment à sa deuxième question.

Il me regarda suspicieux tout à coup. Je me souvins que je comptais recevoir des réponses à mes questions mais à l'instant je n'en voyais plus l’intérêt. Comme quoi, et moi et le jeune homme avions facilement oublié que je détenais plusieurs armes et que j'étais censée m'en servir.

- Non, mais disons qu'avec mes mains libres, je peux sentir beaucoup de chose, dit-il en déplaçant ses mains de mon dos à mes épaules puis sur mon cou gracile, sur mes lèvres charnues , sur mes joues, mes hautes pommettes, mon nez fin et ensuite sur mes paupières toujours enveloppées du masque.

Je me détendis encore une fois. Malgré les alarmes qui retentissaient dans ma tête. Mais au final, je me dégageai de son étrange étreinte et me retournai pour sortir par la fenêtre de la grande chambre.

- Qui es-tu ?

Je stoppais net au son de sa voix. Je me retournai et le vis debout à côté de son lit, à presque 24 ans, il n'avait pas complètement perdu son air de gamin des rues complètement perdu. Je souris gentiment toujours avec mon masque sur les yeux et à l'aide d'un boudrier accroché à ma ceinture, je m'apprêtais à sauter par la fenêtre.

- Qui es-tu ?, continua-t-il.

- Voulez-vous vraiment le savoir ?

- Oui..., dit-il.

- Les autres m'appellent "Le Masque", dis-je.

- Et moi comment dois-je t'appeler ?

- A vous de voir, dis-je et je me jetai dans le vide.

 Il avait 24 ans, j'avais 19 ans et j'avais, pour la deuxième fois de ma vie, l'impression d'avoir commis une erreur. La première fois, que j'avais échoué à une mission aussi. J'aurai dû me taire et le faire taire par la même occasion. Mais mon coeur le reconnaissait. Encore...