La maîtresse de Rome

La Rome du Ier siècle est sauvage. Des banquets aux orgies, des jeux du cirque aux complots politiques, la capitale de l'Empire sombre dans une frénésie de plaisir et de violence. Thea, jeune esclave d'une arrogante aristocrate, va bientôt devenir la femme la plus influente de la cité. Belle et intelligente, elle fera tout pour préserver son amour pour Arius le Barbare, gladiateur et idole du peuple. Quitte à défier l'Empereur, qui s'est promis d'en faire sa maîtresse...


Genre : Romance historique

Lecteurs : Jeunes adultes et adultes 

Auteur : Kate Quinn

Éditeur : Pocket

Extraits :

"Je promets de supporter le feu, les chaînes, les coups, la mort par le fer."

Serment des gladiateurs.

"Il est né après que j'ai été vendue, lui avait dit Thea tandis qu'ils se racontaient les années perdues. Je ne lui ai jamais dit... je ne pensais pas qu'il te connaîtrait un jour."
A présent, il regardait Vix avec des yeux neufs.
"Dis à ton fils de laisser mes chevaux tranquilles", lui avait lancé deux semaines plus tôt un homme qui déchargeait des tonneaux d'une charrette à la porte de la réserve de Flavie.
"Ce n'est pas mon fils, avait répondu Arius, amusé. Un petit démon pareil !"
Il n'avait jamais rêvé d'avoir un fils. Jamais cru vivre assez longtemps pour cela.
Il comprenait maintenant ce que le charretier avait vu : les cheveux fauves de Vix, ses yeux clairs, sa main gauche plus forte. Ses réflexes, sa robustesse, son adresse diabolique.
Mes faiblesses même... Comment ai-je pu ne rien voir ? pensa-t-il.
Et Thea l'avait appelé Vercingétorix.
Le monde vacillait. La femme qu'il aimait était vivante, l'espoir existait et il avait un fils.
Vix fit un pas vers lui.
- Par l'enfer ! Qui es-tu donc ?
- Approche, lui dit Arius d'une voix émue. Viens ici.
Et, les mains sur les épaules de Vix, il se mit à parler.

Théa, Arius et Vix

- Bon, ce n’est pas la peine, alors, dit Thea en croisant les bras. Tu réponds quelque chose ? Elle est fâchée, elle n’arrête pas de me demander pourquoi tu ne dis rien.
- Elle a des yeux de fouine. Dis-lui que j’ai dit ça.
Thea éclata de rire.
- Elle me giflerait à m’assommer... mais ça en vaudrait la peine !

Théa et Arius en parlant de Lepida

Il l'attira de nouveau contre lui. Il ne savait comment lui dire que, les nuits où elle entrait dans sa cellule pour tomber dans ses bras, essoufflée et rieuse, il sentait ses genoux se dérober sous lui. Il n'avait pas de mots. Tous ce qu'il pouvait faire, c'était de la serrer dans ses bras. 
- Arius, je ne peux plus respirer ! dit-elle en riant.

Théa et Arius

"Le seul élément discordant dans cette compagnie raffinée était la présence des gladiateurs, avec leurs corps musculeux et leurs cicatrices, leurs vêtements de laine brune au milieu de la soie, leurs accents vulgaires.Des vautours parmi les paons. Et les paons aimaient cela. Demain, ces hommes de pouvoir prendraient des airs dégoûtés à la vue des gladiateurs ; mais ce soir, ils étaient d'humeur expansive et leur tapaient sur l'épaule de leurs mains baguées. Demain, ces patriciennes élégantes se draperaient dans leurs tuniques pour éviter de toucher les lutteurs qu'elles rencontreraient dans les rues ; ce soir, elles les flatteraient et, pourquoi pas, leur feraient les yeux doux. Après tout, ils ne verraient peut-être pas le prochain soir.
Arius et Bellérophon siégeaient sur le lit d'honneur, là où chacun pouvait les voir. Lorsqu'on les avaient présentés l'un à l'autre, Bellérophon avait dit : "Ah oui, le Barbare" et tendu une main manucurée, qu'Arius avait regardée fixement jusqu'à ce qu'il la retire. (...) Côte à côte sur leur lit de repas, les deux hommes continuaient de s'ignorer superbement.
Personne n'aurait pu s'empêcher de les comparer. Bellérophon souriant et plaisantant, Arius maussade et mal à l'aise. Bellérophon picorant avec désinvolture dans chaque plat, Arius avalant sans distinction tout ce qu'on mettait devant lui. Bellérophon allongé sur les coussins de soie comme s'il y était né, Arius assis tout droit comme une statue. Le civilisé et le barbare."

Théa

(…) Arius restait là, immobile, prolongeant bizarrement l’attente, Domitien le regarda. Je vis sa nuque se raidir et me souvins de ses paroles : « Même mon épouse a peur, sous son visage de marbre. Mais pas toi. Toi et un autre — Sais-tu qui ? Ce n’est même pas un être humain. Un simple esclave, un animal, comme toi. Un gladiateur. Celui qu’on appelle « Le Barbare ». 

Théa

-J'ai cru comprendre que ce n'était pas ta seule prise mais assurément la plus belle. Le gladiateur qu'on surnommait le dieu de la Guerre - beau résultat pour une simple esclave. Combien te payait-il?
- Non! Je... il n'a jamais...
- Ah, c'était donc par amour. Comme c'est touchant : le Barbare et sa Juive! Est-ce qu'avec tu te trémoussais et tu riais comme tu refuses de le faire avec moi?
- César... j'ai mal...
- Cela t'a fait encore plus mal de le voir aller à la mort, hein? Cela t'a-t-il fait aussi mal que... ça?
- Je...
- Je suppose que je n'ai plus à être jaloux de lui maintenant. Mais je voudrais presque qu'il soit encore en vie. Rien que pour pouvoir le regarder dans les yeux et lui dire que j'ai pris sa femme. Que je peux l'avoir deux fois par nuit si je veux. Que je la fais gémir comme la putain qu'elle est, qu'elle porte mon collier et qu'elle accepte mon or...
Je lançai mon gobelet contre le mur, où il rebondit avec un fracas métallique.
- Arrête!
- Eh bien, la déesse de la Sagesse craque enfin? Quelle charmante scène! Ne te gêne pas pour pleurer, je t'en prie. J'aime les larmes chez une femme. Tu as été bien gentille ce soir, Athena. Assez pour mériter une récompense. Veux-tu une récompense?
- Non, César, dis-je en luttant contre les larmes.

Domitien et Théa (Athéna)

- Sache que j'aime jouer. Avec mes chambellans, mes sénateurs, mes gardes. Il est si facile de leur faire peur ! Même mon épouse a peur, sous son visage de marbre. Mais pas toi. Toi, et un autre - sais-tu qui? Ce n'est même pas un être humain. Un simple esclave, un animal, comme toi. Un gladiateur. Celui qu'on appelle "le Barbare". On a beau dire, il ne peut pas être un dieu. Il n'est qu'un barbare. Mais lui non plus n'a pas peur de moi. Et il survit, il survit à tout ! Il vient au bord de l'arène et il lève les yeux, il lève les yeux vers moi et me regarde... mais nous verrons bien. Nous nous occuperons de lui à notre retour, lors des premiers jeux de la saison. Et là... Il n'y a qu'un seul maître et dieu à Rome - et une déesse. De cela, je peux m'accommoder, Athena.

Théa et Domitien

Je relevai la tête.
- Tu en as assez vu? Eh bien, Marcus? Tu me regardes comme si mes cheveux étaient des serpents.
- Si seulement! fit-il avec dans la voix une sorte d'étonnement. J'aurais eu davantage de chance avec une Méduse.

Marcus et Lepida

- Tu ne trouves pas qu'il est beau, Thea ?
- Je ne sais pas, maîtresse. Veux-tu que je passe la pierre ponce sur tes pieds ?
- Oui, la pierre ponce, et fais-le comme il faut. Toi aussi, tu le trouves beau, Thea. J'ai vu ton expression pendant le combat.

Théa et Lepida (en parlant d'Arius)

"J'aime comme tu frottes la cicatrice sur le dos de ta main quand tu es inquiet. J'aime la façon dont tu fais d'une épée une partie vivante de ton corps. J'aime quand tu poses sur moi un regard brûlant, comme si tu me voyais pour la première fois. J'aime en toi la noirceur qui veut tuer le monde entier, et la douceur qui le regrette ensuite. J'aime ta façon de rire, comme si tu t'étonnais simplement de pouvoir le faire. J'aime quand tu m'étouffes sous tes baisers. J'aime ta façon de respirer, de parler, de sourire. J'aime que tu me serres si fort que j'en ai le souffle coupé. J'aime ta façon de faire de la mort une danse. J'aime la confusion que je lis dans tes yeux quand tu t'aperçois que tu es heureux. J'aime chaque muscle et chaque os de ton corps, chaque repli de ton âme. Je t'aime tant que je ne peux pas le dire à voix haute en plein jour. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime."

Théa à Arius


Mon avis :

Cette histoire m'a complètement chamboulée, je n'arrivais plus à m'arrêter de lire, les pages défilaient devant mes yeux et je ne pouvais que penser au prochain combat d'Arius, au prochain faux pas de Théa, aux épreuves qu'ils devraient encore traverser... Aux machinations, aux trahisons, aux horreurs...

Plus rien n'avait d'importance sauf cet amour que je découvrais avec les personnages : un amour pur, magnifique et sans limites... Un amour qui vainc le temps, la distance et la haine... Je suis absolument sous le choc, sous l'ébahissement de ce que j'ai appris à travers ces lignes, ces mots, ces phrases écrites avec la légèreté et la fluidité qu'il fallait pour parler de tout cela...  

Je me rappelle que cette couverture m'avait attirée dés le départ : ces couleurs, cette mise en page m'ont fait penser à un combat dur et sans merci... Impression bizarre mais qui s'est renforcée après que j'aie ouvert le livre. Kate Quinn avait fait beaucoup de recherches pour pouvoir se pencher sur de vrais éléments du passé et s'y appuyer pour romancer son histoire. Rien que cela prouve déjà son immense talent, elle a réussi à bousculer tous mes a priori, mes stéréotypes, mes certitudes... Je crois que ce livre n'est pas le dernier que je lirai de cette auteur fantastique.

Pour les personnages, je suis tombée sous le charme de plus d'un. Il y a bien sûr Théa, l'esclave juive et qui garde un coeur rebelle, elle qui se croit brisée de l'intérieure... ; il y a Arius, esclave lui aussi qui devient malgré lui gladiateur et qui est habité par une rage meurtrière, un "autre lui"... Je pense à d'autres aussi mais qui arrivent beaucoup plus loin dans le livre et dont je ne vais pas trop parler pour ne pas trop en dévoiler. En bref, Quinn a créé des personnages en raccord avec beaucoup de mes sentiments, des émotions qui vont de l'amour le plus doux à la haine la plus dure sans entre-deux... Je me suis sentie vide après avoir refermé ce livre comme si toutes ces émotions par lesquelles j'étais passée m'avaient nettoyée de fonds en comble intérieurement... Quelle sensation étonnante et surprenante !!! En parlant d'émotions, celles-ci m'ont faite passer des rires aux larmes en quelques secondes seulement...

Je ne sais pas quoi dire pour montrer la beauté de ce livre sans paraître folle... Alors, je vais me contenter de dire que ces aventures, je les ai vécues avec Théa et Arius, j'ai senti leurs blessures s'inscrire dans ma chaire, leurs doutes s'infiltrer dans ma tête, leur amour se poser dans mon coeur... Je suis restée sur ma chaise dans un silence blanc pendant quelques minutes après la dernière page et une seule pensée m'a traversée l'esprit :

"N'est-ce vraiment qu'une histoire ?"

Pour les aigris, les sensibles, ceux qui n'y croient plus, ceux qui veulent plus, tous ceux qui veulent vivre...ce livre est pour vous.

Bonne lecture.

Maud...